Déambulations de la funambule : la journée de l’estampe contemporaine

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Stand de Géraldine Theurot

Le 12 juin, sur la place Saint Sulpice avait lieu comme tous les ans la Journée de l’estampe contemporaine, une occasion de découvrir les acteurs qui continuent à faire vivre un art séculaire. C’était la première fois depuis trois ans que j’avais l’occasion de m’y rendre. C’est dans une ambiance entre la foire, le marché de quartier et la galerie que le passant, le spécialiste ou l’amateur peut se délecter des images variées de la création gravée. Le beau temps était au rendez-vous et la bonne humeur aussi.

 

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Oeuvre d’Iris Miranda

Les vétérans comme les Nouvelles de l’Estampe fameux périodique spécialisé possédaient un stand pour eux seuls. Les jeunes graveurs comme les plus expérimentés présentaient leurs œuvres à trois par emplacement. La présentation était très bien pensée et la circulation agréable malgré la foule. Ma première découverte fut l’association des amis d’Edmond et JJJ. Rigal. Une association qui a pour objectif de faire découvrir à tous les publics l’art de l’estampe aussi bien à travers les expositions, des évènements ou des rencontres, aussi bien l’estampe contemporaine que l’estampe ancienne. L’association est tenue par la descendante du graveur qui lui donna son nom. Deux stands lui étaient consacrés et permettaient aussi de découvrir leurs protégés, des créateurs jeunes ayant gagné des prix et donc très prometteurs. Le tarif – de 26 ans est destiné à attirer les jeunes puisqu’il n’est que de 20€ l’année ! Le prix pour un adulte est seulement de 40€ si il souhaite être membre actif autant dire que je me suis précipité sur l’occasion.

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Fabrique à Glace matrice en métal de M. Combart de Lauwe

En se rapprochant de l’église je trouvais le stand de Marion Chombart de Lauwe. Une graveuse amateur de la cuisine de l’estampe autrement dit aimant à utiliser toute sorte de techniques inventives, peu académiques. Sa spécialité ? Graver des morceaux de métaux trouvés sur des chantiers ou sur les lieux qu’elle grave. Ainsi sa gravure Fabrique à Glace présente un bâtiment dont la plaque elle-même a été extraite à l’aide d’un chalumeau. Elle a ensuite effectué la gravure au laser, une technique tout à fait inhabituelle mais dont le résultat est surprenant. La plaque ayant été brulée au laser l’aspect du trait se rapproche de l’eau forte et de la morsure à l’acide. Etonnant !

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Curiosités textiles de Jérémie Solomon

En avançant un peu plus loin je me trouvais nez à nez avec une image connue : le petit singe de Goya ! Il côtoyait des images « redonesques » d’un onirisme qui ne m’était pas étranger. C’était le stand du jeune Jérémie Solomon. Je l’avais déjà rencontré lors du vernissage de son exposition personnelle dans une galerie proche du Pont Neuf. Grand graveur autant dans les techniques traditionnelles comme l’eau forte que dans des techniques plus contemporaines, Jérémie Solomon exposaient des gravures issues de la série Curiosités Textiles ou bien des sérigraphies récentes qui avaient constituées les affiches de son exposition personnelle. L’artiste disponible et toujours aussi faconde concernant son œuvre éclairait volontiers les curieux sur sa technique ou ses projets.

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L’ile aux corbeaux, eau-forte et aquatinte, M. Tresse

En avançant et m’éloignant de l’église, je fis face à des corbeaux, une nuée d’oiseaux regardant une cage dans laquelle deux créatures fébriles étaient enfermées : un homme et une femme, enfant ou adulte ? Ils ne semblaient pas vouloir sortir de la cage. Ils semblaient se disputer sous le regard des volatiles. Il s’agissait d’une eau-forte à renfort d’aquatinte en couleur qui donnait un côté velouté et torturé à l’ensemble. Mélissa Tresse était l’auteure de cette superbe gravure. Elle était une des rares à également pratiquer la gravure sur bois sur des grands panneaux, par ce biais ses créations étaient beaucoup plus naïves que sur le métal mais toujours aussi fascinantes.

 

 

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Adam, à fleur de peau, et Eve, à corps et à cris, les 3 escarbeilles.

J’eus beaucoup d’autres coups de cœur au cours de cette promenade, pour n’en citer que quelques autres : Géraldine Theurot et ses linogravures (même des petits marques pages pour quelques euros), Pierre Vaquez et ses manières noires à la Tim Burton, les 3 Escarbeilles et leurs sérigraphies minimalistes rappelant les gravures anatomiques du XVIIIème siècle ou encore Iris Miranda et ses estampes oniriques et dérangeantes. Et cela pour ne citer que mes coups de cœurs mais l’estampe abstraite était aussi là avec par exemple l’œuvre de la peintre graveur Sun-Hee Lee ou les kimonos sérigraphiés de Véronique Verdier et tellement d’autres artistes tous captivants.

 

Cette journée reste un souvenir figé dans le temps, une véritable ambiance accueillante, une volonté de partage d’une passion, d’une technique, d’une tradition et d’innovations : une grande réussite !

 

Pour en savoir plus:

Les artistes

L’estampe et ses techniques

 

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2 commentaires sur “Déambulations de la funambule : la journée de l’estampe contemporaine

  1. C’est chouette de lire ton compte-rendu du Salon, ça me donne envie de partager mes coups de coeur (autrement que sur ma seule page Facebook). J’aime beaucoup le travail de Géraldine Theurot, que je suis sur Facebook.

    J’ai aussi été intriguée et charmée par le travail de M. Combart de Lauwe, vraiment original !

    Rendez-vous l’an prochain ?

    Aimé par 1 personne

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